Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 14:52

Numéro un est en post cure depuis 15 jours. Cela signifie qu'il a fini la désintoxication proprement dite, c'est à dire la phase ou l'on se prive de produits et où l'on est en manque physique important. Il  a passé avec succès cette phase et plus facilement qu'il le pensait. A l'issue de la désintox, l'hopital vous vire dans une structure privée, pour 5 semaines. Mieux vaut avoir une mutuelle. Ou de riches parents. Ouf il a une mutuelle, sinon c'était foutu... Attention, on ne choisit pas la clinique... L'hopital a ses accords (moi je comprends pots de vin... sans faire d'humour déplacé)

Sur le dépliant de la clinique on vous fait miroiter : Un suivi de qualité, un vaste choix d'ateliers, pléthore de médecins à votre disposition, piscine, alimentation équilibrée... Un vrai séjour en trois étoiles, à mi-chemin entre le sanatorium et la thalasso.

C'est de ça qu'il aurait eu besoin. Etre occupé, retrouver son corps,faire du sport, être massé, voir un psy aussi souvent qu'il le souhaite, apprendre à se nourrir correctement, être cocoonné quoi... Après tout ce dur travail physique et psychologique, il avait besoin d'une bonne prise en charge pour conforter tout ça.

Mais dans ce pays il vaut mieux, plus que jamais être riche et bien portant plutôt que pauvre et malade, les cliniques privées conventionnées rabiotent sur tout pour satisfaire les actionnaires à défaut des malades. Mieux, je les soupçonne d'organiser la rechute afin de garder ces pauvres hères dans leur vivier d'argent frais...

Donc, alors qu'il avait trouvé un certaine apaisement, une zénitude qui faisait plaisir à entendre, le voilà à nouveau révolté, sur le qui-vive, refusant qu'on vienne le voir dans cette "taule", parlant de climat d'incarcération.

De piscine, il s'agit en fait de la piscine municipale. De nourriture équilibrée, des bons plateaux de collectivités à bas coût. De suivi médical, sur rdv et les médecins ne sont en fait pas disponibles (c'est le mois des ponts et des congés). Quant à la fréquentation de cet endroit je vous laisse deviner ce que peut accueillir une clinique du 9-3 pour désintox... D'ailleurs elle est située au milieu des cités, et il suffit de sortir de la clinique pour se voir dealer des produits...

Numéro un est très fort. Pour le moment il résiste. Il a des projets, des envies. Mais il ne sortira pas de là aussi apaisé qu'il aurait du l'être. Les bénéficiaires de ces cinq semaines d'hospitalisation seront les actionnaires, mais pas mon fils.

Si j'avais des sous, je l'aurais envoyé en cure thermale ou en thalasso. Je lui organiserais ensuite un accompagnement à base de sophro ou de shiatsu. Je lui trouverais un coach... Si....

Bon tout n'est pas négatif, mais c'est lui qui fait le boulot. Pour l'instant et jusqu'à nouvel avis, mon fils n'est plus qu'un ancien alcoolique. Pour toujours peut être.

Fièreté.

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 17:51

J'essaie de ne pas me faire des plans sur la comête. Ne pas me dire surtout : Comment je vais être après ? Ne pas regarder les fringues sur lesquelles je lorgne depuis tant d'années, Ne pas espérer de maillot de bains deux pièces. Ne pas se dire telle taille, ou tant de kilos...

Non non non ! Ne rien espérer pour ne pas être déçue.

J'erre sur un forum spécialisé. Les photos des adhérentes sont allèchantes. Elles me font rêver. C'est du vrai, de la réality réelle pas celle de la télé. C'est permis d'y croire ! Elles disent leur joie de la normalité qui si longtemps leur a échappée. Elles disent leur envie de franfreluches dont elles ont été privées si longtemps. Elles disent leur corps léger qui leur semble flotter dans l'air, les balades qui ne leur sont plus interdites, les courses avec leurs enfants, leur bien-être de chaque instant. Et puis leurs photos ! Elles affichent sans plus de honte leur corps difforme d'avant pour exhiber fièrement celui acquis de haute lutte, au prix d'un ultime sacrifice...

Mais non. Je n'arrive pas à me dire que ça pourrait m'arriver. Je ne peux pas y croire. Cela arrive si tard dans ma vie. Tant de chagrins, de hontes, de frustrations... Une jeunesse perdue dans cette guerre interminable à la recherche du corps refusé. Armes chimiques, attaques nutrionnelles, chirurgie,hypnose, aiguilles magiques... Tant d'espoirs, de promesses, d'efforts, d'argent englouti !

Alors excusez moi mais j'y croirais quand je le verrais. Quand mon corps de guerre lasse, atomisé par ce dernier assaut, pliera sous ma volonté enfin. Quand mes vêtements flotteront mollement au vent pour me faire comprendre qu'il est temps de nous quitter. Quand je m'avancerai au bord d'une piscine sans entendre d'autres murmures que : Il est chouette son maillot... Quand j'enfourcherai mon vélo pour faire une course avec mon fiston. Quand j'irai voir le bijoutier pour qu'il ressoude toutes les bagues que j'ai faites couper autour de mes doigts bouffis.Quand en me lavant les dents le matin je ne me souhaiterai plus cracher sur le miroir au-dessus du lavabo...

Ne parlez pas du day after, ne me parlez pas des risques encourus, ne me dites pas que je suis bien comme je suis. Je suis la reine des hypocrites, ça fait 50 ans que je vous fais croire que je vais bien !

 

avant-apres.jpg

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 2 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 18:35

 

by-pass-d-day.jpg

http://www.obesite-solution-chirurgie.com/index.asp?id=369&id_sous_menu=16

 

Le jour-j est fixé au : 15 juin au matin.

Dans mon infinie inconscience je vais faire prendre une photo de moi maintenant (que vous ne verrez pas !) et on reprendra une photo fin septembre pour apprécier les résultats... A ce moment là je vous mettrais les deux photos...

Bon ben y a plus qu'à ....

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 7 commentaires
Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 13:08

J'aimerais bien me lever un matin et me dire : Tout va bien. N'avoir aucune ombre sinistre qui vole au-dessus de ma maison. Savoir tous les gens que j'aime heureux et libres. Me dire que le monde est devenu doux et joyeux, que le coeur des hommes est vraiment tendre, que l'appat du gain et du pouvoir est mort, que le lait et le miel coulent à flots pour tout le monde et ne plus entendre résonner que des cris joyeux et des rires...

Or nous vivons dans le monde de Kafka, Barjavel, Huxley et Wells réunis. Ils nous avaient pourtant fait part de leurs intuitiions sur l'affaire, mais nul ne les a écouté. On s'est enfoncé sans lutter dans l'absurde, l'inhumain, l'invivable.

Et là, on est tous au bord du gouffre. Si près que l'on voit ses abimes noires et menaçantes. Que l'on dit : "il faudrait, pourvu, si seulement, surtout pas, il y en a marre, ça ne peut pas arriver..." Mais qu'on continue à s'y laisser pousser.Sans trop rien dire !

Il y a des jours où les mauvaises nouvelles sont tout de même décourageantes (même pour super Moune), où l'indifférence des autres vous pèse, où la bêtise humaine vous accable.

Si en plus ce jour là, il fait un temps de 11 novembre le 21 mai, alors... vous regrettez de vous être levée !!!!!!!!!!!!!!!

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 6 commentaires
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:12

J'écoute ça en boucle depuis ce matin. Cette chanson  d'Anne Sylvestre pourrait être écrite pour tous les bloggeurs. Si jour après jour on vient noircir des écrans, ce n'est pas seulement dans le souci d'être influent, reconnu, ou par exhibitionnisme. Non c'est une thérapie aussi. Une thérapie pour ceux qui ont la chance de pouvoir mettre les mots sur ce qui pique. Quelle chance de pouvoir déverser ici un peu de son fardeau, de le partager avec des fidèles qui ne se lassent pas de vous lire, puis de pouvoir repartir le coeur plus léger affronter la vie. Le pouvoir des mots est incommensurable. Les mots blessent, réconfortent, soulagent, témoignent, dénoncent, s'insurgent, expriment, dérangent, consolent... Les maitriser est une chance infinie, ce n'est pas donné à tout le monde.

Anne Sylvestre accompagne ma vie depuis... Pffffffff.... Je chantais ses fabulettes quand j'étais animatrice de centre aéré, puis je les ai chantées à mes enfants. Certaines sont des tubes familiaux et je sais qu'elles seront transmises à mes petits enfants. Je vois mal numéro un ou numéro deux donner du sirop à leurs enfants sans leur chanter "le renard tousse" ou voir leurs enfants réchigner devant une assiette sans fredonner "les sandouiches au jambon".... Rescapée des fabulettes (c'est elle qui le dit d'ailleurs) j'ai découvert adulte ses chansons "normales", la puissance de ses mots, leur justesse, la richesse de ses textes, ses mélodies simples et faciles à retenir.... Anne a des chansons pour toutes les circonstances de la vie d'une femme. Elle chante son vécu, le mien, le votre.

Assez vaticiné pour aujourd'hui, je veux juste partager aujourd'hui, les paroles de cette chanson (ce n'est peut être pas la première fois d'ailleurs, à force de blogger je radote...). Tant pis. Et si le coeur vous en dit cherchez sur Deezer la chanson et écoutez moi cette merveille....


Que vous sachiez de moi ce que j'en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons justes au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m'a blessée,
dire tout ce qui m'a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le coeur au chaud.

Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s'aperçoit qu'il faudra se presser.

Que vous soyez tranquilles ou bien plein d'inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j'ai compris,
dire l'amour et le mépris,
écrire, me sauver de l'oubli.
Ecrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu'on crève
lorsque l'écriture, un jour, s'achève...

En m'écoutant, passant, d'une oreille distraite,
qu'on ait l'impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d'aller les oublier.

Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c'est à moi que je pense.
Je me regardais sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n'ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Ecrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et ne pas me foutre à l'eau.

Et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et pas me foutre à l'eau.

Ecrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 3 commentaires

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  • La vie a dévoré mes rêves
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  • Une maison petite avec des fleurs, un peu de solitude, un ciel bleu, la chanson d'un oiseau qui sur le toit se pose, de l'ombre... Et quel besoin avons nous d'autre chose ??

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