Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 22:35

Il faut que je vous raconte en fait, ce qui s'est passé jeudi matin...

Je pensais donc aller manifester devant le siège de mon boulot, j'avais mis mon écharpe rouge et des chaussures confortables et je suis partie de bon matin. Le rendez-vous avec le syndicat était à la gare du RER.

Arrivée là-bas, on m'a expliqué qu'il s'agissait en fait d'une opération commando, on devait s'introduire par une porte dérobée, venir troubler  une réunion rassemblant la direction et les délégués du personnel, et exiger d'être reçus par la RH.

Les forces vives de notre groupe commando étaient : une quinzaine de femmes en CDD ou CUI, moyenne d'âge 40 ans. Inutile de dire que dans les rangs, ça rigolait jaune ! Manifester notre mécontentement oui, mais devenir un groupe terroriste... Heu... Personne n'avait prévu ça. Il a fallu un peu insister auprès de ces dames.

Nous voilà parties en petits groupes pour ne pas attirer l'attention.

Sur place, "on" est venu, de l'intérieur,  nous ouvrir une grille donnant sur les jardins, il a fallu courir à travers les jardins pour entrer dans l'immeuble avant l'arrivée du service de sécurité.

Je vous passe les détails sur la bousculade... Finalement, dans un souci d'apaisement et devant notre détermination, la RH nous a promis un entretien pour l'après-midi et fourni une salle de réunion pour attendre. On nous a même invitées à la merveilleuse cantine du siège (je ne vais pas encore vous en faire la pub, mais fl-unch peut aller se rhabiller...)

Bien sur la RH nous a tenu un discours à la langue de bois, bien sur elle nous a demandé de quoi on avait besoin pour mieux nous dire comment nous en passer. Bien sur aucune promesse, sinon la menace de ne pas voir nos contrats renouvelés...

Mais j'ai rencontré des collègues exploitées en CDD ou en CUI depuis 3 voire 5 ans ! Oui ! De CDD en CDD en respectant les délais de carence entre chaque contrat, certaines étaient là depuis 5 ans, faisant un vrai travail de conseillère (ce qui n'est pas mon cas), ayant développé des compétences indéniables !

J'ai découvert à quel point le système est pourri, à quel point l'organisme qui doit protéger, aider, encadrer, soutenir les D.E profite lui-même du système. Maintient dans la précarité une partie de ses effectifs au prétexte de la flexibilité (vous êtes le vivier de la société nous a-t-on dit).

Et bien je tiens à dire publiquement, si tant est que les quelques dizaines de lecteurs quotidiens de ce blog puissent relayer l'information, que les poissons des viviers en ont marre de se faire pêcher pour câler la dent creuse des puissants ! Marre de la précarité, marre de nager en eaux troubles !

Les salariés en CDI en ont marre de voir arriver du renfort en CDD c'est à dire à former à chaque fois, des incompétents sur lesquels ils ne peuvent pas s'appuyer !

Les D.E en ont marre de la mauvaise qualité du service rendu, marre de ne pas être épaulés dans leurs démarches, marre de ne pas avoir d'interlocuteur valable !

La situation est explosive. Faudra-t-il un accident grave dans une de ces inhumaines files d'attente pour que les politiques se décident à réagir ?

Faut il qu'un salarié se suicide sur son lieu de travail ou un cdd à la veille de la fin de son contrat par exemple ????

Alors oui, ce que j'ai fait jeudi n'a servi à rien, m'a desservie même.Je suis désormais, comme aurait dit ma mère, marquée à l'encre rouge. Personne n'en a parlé dans les journaux et vendredi j'ai bien senti au boulot que pour certains j'étais la pestiférée, celle auprès de laquelle il ne fait pas bon être vu...

Mais je m'en fous. Je suis aussi celle par qui passe la vérité.

 

 

 

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 2 commentaires
Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 21:18

Jeudi je vais manifester devant le siège de mon boulot. Un syndicat s'est ému de la précarité des CDD, il appelle à la solidarité. Alors je me bouge. Pas question de continuer à subir, d'accepter au nom de la crise, de baisser la tête par peur du chômage...

Là j'ai rien à perdre. Au pire je perds mon boulot dans trois mois, au mieux je perds mon boulot dans trois mois.

Ce ne sera pas sans avoir exprimé mon mécontentement. Mécontente d'être utilisée comme un mouchoir jetable. Mécontente du service rendu aux D.E qui sont chaque jour renseignés au guichet ou au téléphone par des CDD incompétents comme moi !

Il faut que cesse ces recours systématiques aux CDD dans les entreprises françaises, cela tue la technicité, l'investissement, l'appropriation de l'outil, de la fonction.

Je ne me fais pas d'illusions, les 1500 CDD actuellement en poste ne seront pas là. Si on est une trentaine ce sera déjà un miracle. Parce que chacun joue pour lui même, la joue perso... Je vois chaque jour un de mes collègues changer, coller aux basques des chefs, se démultiplier, cirer des pompes, chercher à tirer son épingle du jeu derrière le dos des autres. Je trouve ça triste mais je comprends.

Je ne sais pas faire ça, quand j'ai une info je la partage, et si je peux aider j'ai de le collectif...J'ai surement tort. Lui sera gardé et moi virée. Mais, je suis en accord avec moi-même...

 

 

 

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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 22:23

Puisque j'ai une nouvelle mutuelle, qui a des prestations de qualité, je me suis dit que c'était le bon moment pour changer de lunettes. Et pas que pour cette raison d'ailleurs, mais aussi parce que je n'y vois plus rien, ni de près, ne de loin, quant à ma vision intermédiaire, n'en parlons pas...

Munie de la liste des opticiens agréés par ladite mutuelle, et ayant signé une charte de qualité avec elle, je suis partie sur les routes encombrées en ces temps de soldes.

Premier essai. Ville voisine. Un petit opticien coincé entre un harddiscounter et une cité HLM. Ville de pauvres, opticien de pauvres, pauvre choix... Deux murs entiers de la même monture ou presque, de couleurs variées certes, mais toutes sur le même modèle. Ils ont du avoir un lot à pas cher... Certes... Mais, mes lunettes, je les ai sur le nez toute la journée et j'ai besoin qu'elles ajoutent un petit plus à ma beauté légendaire... Je suis donc repartie gênée et sans lunettes.

Deuxième adresse : Ville un peu plus lointaine. Grand centre commercial. Foule dense, pressée, nerveuse. Plusieurs opticiens dans cette zone. J'entre dans le premier et lui demande s'il est bien agréé par cette mutuelle. Il me demande ma carte et sans la vérifier plus que ça me dit oui. Je capte dans son regard un éclair de malhonnêté, je ressors en disant : Je vais chercher mon mari. Dans la voiture, je vérifie sur ma liste et effectivement ce n'est pas l'opticien que je cherche.

A quelques centaines de mètres nous le trouvons enfin. Les montures sont variées mais très chères. Rien à moins de 200 euros. Mais la classe vraiment. Enfin, ce qu'll faut de bling-bling à une femme de mon âge... Sur chaque monture, une étiquettes affiche : -50%, ou -70%... Toutes les montures sont soldées ! Chouette !

Après quelques essais, je trouve la monture qui me convient et je reviens vers la vendeuse (je ne pense pas qu'elle ait un quelconque diplôme d'optique). Je lui sors ma carte de mutuelle, mon ordonnance et je lui explique que je voudrais faire le tiers payant. Sur quoi elle m'explique que en ce cas je ne bénéficierai pas des avantages magasins : remise sur la monture, solaires gratuites. Je m'en étonne et elle tente de me convaincre de laisser tomber le tiers payant, prétendant que ce serait mieux et plus rapide pour moi. Je tiens bon. Elle me griffonne quelques prix  sur un post it, je n'y comprends rien et ne sais à aucun moment quelle qualité de verre elle compte me mettre. Elle prend mes coordonnées pour me préciser dans la semaine le montant restant à ma charge.

Je repars dubitative et avec le sentiment d'avoir été roulée dans la farine.Dès mon retour à la maison, je me jette sur le site de la mutuelle et la fameuse charte qualité. je découvre que l'opticien est totalement hors des clous de cette charte ! Non seulement il me doit TOUS les avantages magasins, mais il devait me remettre un devis précis.

Je pourrais y retourner lundi, taper un scandale et récupérer ce qu'il a tenté de me piquer. Mais je suis lasse de devoir me battre à chaque fois que j'essaie de consommer ! Je vais me contenter de l'appeler, lui dire son fait et aller ailleurs. Munie cette fois de la charte, pour mettre les choses au point dès l'entrée du magasin !

La vie dans ce monde n'est plus qu'une guerre permanente ! Toute la semaine on se bat contre le libéralisme de nos patrons, et le week end, c'est contre tous ces distributeurs, commerçants, libéraux ne songeant qu'à leurs profits qu'il faut se battre.

 

 

 

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 7 commentaires
Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 11:45

J’ai presque cinquante ans. Il y a quelques années, j’ai voulu profiter des mesures pour l’emploi qui existent dans mon pays. J’ai fait un bilan de compétences, trouvé ma voie, démissionné de mon emploi et je me suis inscrite à une formation. J’ai réussi les tests avec 58 sur 60. Et puis j’ai attendu une place. J’attends toujours d’ailleurs. Ça fait trois ans que j’attends. Un jour la formation est réservée aux demandeurs d’emploi, mais pas de chance à ce moment là je suis en CDD quelque part.  La fois suivante, elle est réservée aux salariés en emploi, pas de bol je suis entre deux contrats….
La précarité, c’est le CDD. Ce qu’on appellerait vulgairement : Avoir le cul entre deux chaises. Pas vraiment un employé, ni vraiment un chômeur. D’ailleurs, dans le cas de CDD de moins de six mois, Pole Emploi conseille de continuer à s’actualiser, pour simplifier les démarches au retour chez eux… C’est dire s’ils tablent sur la stabilité de ce genre d’emploi.  Dans la boite où je bosse actuellement, une sympathique collègue m’a fait remarqué, que compte tenu de mon manque de formation (et d’information) quand je travaille à ses côtés,  je ne représente que la valeur de 0.25 collègue….  On nous appelle, les CDD, et quand un chef nous présente, il ajoute toujours à notre prénom : en CDD… Ce sont nos lettres écarlates à nous..
J’ai de la chance cependant, j’enchaine les CDD de plus de six mois. Six mois de tranquillité à chaque fois, six mois sans aller pointer à Pôle Emploi, six mois à donner le meilleur de soi-même en espérant être distinguée comme « le meilleur élément » au milieu du troupeau des autres CDD. Mais aussi, six mois d’angoisse. Six mois à bosser sans être formée, six mois à être tolérée par les collègues qui en ont marre de voir passer des CDD pas très efficaces (puisque non formés), six mois à se demander ce qu’on sera dans six mois…
Un CDD c’est : pas d’avenir, pas de projets, pas de crédit, pas de bail, pas de vacances, pas de formation, PLUS D’ESPOIR…
La précarité tue l’espoir, engendre la peur. Surtout à cinquante ans. Tout peut s’arrêter demain, à la fin de ce contrat… Les questions tournent nuit et jour dans ma tête : « Va-t-on prolonger mon contrat à la fin de celui-ci ? (le petit jeu sadique des patrons est de maintenir le suspens jusqu’à la veille de l’échéance) Vais-je retrouver un contrat rapidement ? Est-ce qu’on ne va pas bientôt, finir par me dire vous êtes trop vieille, on n’ embauche pas de séniors ? »  Ne pas savoir ce qu’on fera dans six mois, dans un an, c’est terriblement destructurant.
En ce qui concerne la santé cela a des retentissements indéniables. Inimaginable d’avoir un arrêt de travail pendant un CDD, ce serait se fermer définitivement la porte à une prolongation de contrat ou à une CDIsation.  Alors on bosse, on souffre, on la ferme. J’ai deux ou trois opérations à subir, que j’ai mis sous le coude en attendant. En attendant quoi ?  Non seulement, la précarité a eu raison de mes économies (un CDD est rarement rémunéré plus de 1200 euros net par mois pour un plein temps), mais j’entame également mon capital santé.  La boite où je travaille actuellement, m’a obligée à souscrire à sa mutuelle de groupe, j’ai donc résilié la mienne. A la fin de mes six mois, si je veux me soigner, je vais d’abord devoir me retrouver une mutuelle et laisser passer le délai de carence avant toute opération… Et avant la fin de celui-ci j’aurai peut-être retrouvé un autre CDD... ou pas…
Syndicalement, un CDD n’existe pas. Il n’ose pas se griller auprès de la direction. Il est le mendiant d’un emploi pas le demandeur de meilleures conditions de travail. Alors j’ai décidé de me battre plutôt politiquement.

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 4 commentaires
Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 17:11

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Vous me dites toutes la même chose : Puisque tu es sure, fais le.

Entendons nous bien, je ne suis sure de rien. Même pas du résultat. Je n'ai plus aucune confiance en les médecins. J'ai peur. Je suis morte de trouille. Je vais passer beaucoup de temps entre leurs mains, et je ne les estime pas. Difficile de remettre sa vie entre des mains qu'on estime pas.

Mais quel choix ai-je ? Vivre une vie dans un corps que je ne supporte plus et qui me rend malheureuse à chaque instant ou vivre une vie avec une allure tolérée par la société et qui me renverra une image plus satisfaisante. Etre en sursis avec une obésité morbide ou risquer ma peau lors d'une lourde opération mais qui à terme soulagera mon coeur (fatigué, je dois l'avouer), m'épargnera le diabète (comme ma mère et mon arrière grand-mère), me permettra de rester plus dynamique physiquement (et je dois travailler encore 15 ans...).

Je sais que ce n'est pas ce qu'il y a de mieux.

Le mieux aurait été de naitre normale, dans une famille où chaque repas n'est pas une angoisse ou une guerre.

Je sais que c'est une lourde opération, lourde de conséquences fastes et néfastes, je sais que je n'échapperais sans doute pas à plusieurs opérations "esthétiques" derrière pour redessiner ce corps oublié depuis tant d'années. Je sais que l'alimentation restera mon ennemi.

Dire que le contact avec le chirurgien (certes réputé pour son savoir faire) n'a pas été encourageant est un euphémisme.

Dire que j'ai vraiment envie de le faire... est un mensonge.

J'ai peur. Le compte à rebours a commencé, et c'est pour dans 4 mois au plus tôt, mais j'ai déjà peur.

Mais je sais que j'ai déjà tout essayé, que je n'ai plus envie d'essayer, d'espérer, de croire. Et plus le temps, ça urge. Mon coeur se rappelle à moi trop souvent. Normalement on oublie son coeur, moi je le sens. Marcher vite devient un défi. Je n'ai pas envie d'être une grosse grabataire reliée à la vie par son blog... lol

J'ai un regret cependant, n'avoir pas eu le courage de le faire il y a 5 ans, à la place de l'anneau. J'étais plus jeune. En meilleure santé. Le médecin me l'avait vaguement dit que c'était mieux que l'anneau mais que bon, je pourrais faire le bypass en seconde intention, si.... Bien sur lui ça lui fait deux opérations dans la popoche. Et puis la firme qui fabrique les anneaux se fait du beurre sur le dos des gros... Tout va bien...

Il s'en trouvera surement pour me dire de ne pas y aller dans ces conditions, ou d'essayer telle poudre de perlinpinpin, ou de manger équilibré... Epargnez moi ça, je vous en prie.

Ce sont tous les conseils du monde, tous les régimes du monde, tous les médicaments du monde qui m'ont menée là où j'en suis. Et ça, si j'en meurs, je compte sur vous pour le faire savoir. AU MONDE ENTIER...

Cet article va clore le chapitre bypass pour le moment et nous reviendrons à des préoccupations plus essentielles dans les articles suivants... A savoir, comment Sarko et ses potes pratiquent la politique de la terre brulée avant de partir...

C'est autrement plus important non ?

 

Par Moune - LAISSEZ DONC UN COMMENTAIRE - Voir les 3 commentaires

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  • La vie a dévoré mes rêves
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